spencer


spencer

spencer [ spɛnsɶr; spɛnsɛr ] n. m.
• 1797; mot angl., du nom de lord Spencer
Veste courte ajustée et sans basques. (1904 ) Milit. Sorte de dolman ajusté.
Courte veste de femme.

spencer nom masculin (anglais spencer, du nom de lord John Charles Spencer ) Veste courte, ouverte et à revers, s'arrêtant à la taille. Vieux. Sorte de dolman très ajusté, porté par certains officiers de cavalerie (spahis, état-major, etc.). Habit sans basques porté en tenue de soirée par certains officiers.

Spencer
(Herbert) (1820 - 1903) philosophe anglais. évolutionniste, il appliqua le principe de la complexité croissante au psychisme et à la société: Principes de psychologie (1855), de biologie (1864), de sociologie (1877-1896).

⇒SPENCER, subst. masc.
HIST. DU COST.
A. — Domaine milit., vx. ,,Dolman très ajusté porté par les officiers de cavalerie`` (REY-GAGNON Anglic. 1980).
B. — 1. Veste très courte d'homme, sans basque, remplaçant l'habit, généralement en drap ou en velours, ne descendant qu'à mi-dos, à longues manches très ajustées, à col droit et haut, souvent garnie de tresses en olives et ayant sur la poitrine deux petites poches horizontales (d'apr. LELOIR 1961). [Talleyrand] demeure muet, regarde s'éloigner le carrosse, puis saisissant le duc de Lévis par un bouton de son spencer: « Allez, Monsieur le duc, allez dire comme on me traite (...) » (CHATEAUBR., Mém., t. 2, 1848, p. 619). Le « spencer » se fait surtout dans du velours sombre (VILLARD, Hist. cost., 1956, p. 83).
2. P. anal., usuel. Corsage court ou veste courte de femme. [Mademoiselle de Verneuil] portait une robe verte dont la jolie coupe, dont le spencer orné de brandebourgs dessinaient ses formes avec une affectation peu convenable à une jeune fille (BALZAC, Chouans, 1829, p. 97). On voit des paletots de toutes longueurs depuis le trois-quarts ample et vague (...) jusqu'au spencer minitature couvrant juste les reins (Le Figaro, 22 nov. 1951, p. 11, col. 6). En appos. Veston spencer. Amusant, le tailleur spencer, style pilote de l'air, veste courte croisée, boutons et liseré or sur les revers et les manchettes, jupe légèrement froncée à pli creux non repassé sur le devant et poches en biais (Le Point, 15 févr. 1982, p. 123, col. 1).
Prononc. et Orth.:[], [-]. LAND. 1834, LITTRÉ, PASSY 1914, BARBEAU-RODHE 1930, WARN. 1968 [-]. ROB., Lar. Lang. fr., MARTINET-WALTER 1973 [-]. MARTINET-WALTER 1973, qq. prononc. [-]. Att. ds Ac. 1835 et, de nouv., Ac. 1935. ,,On prononce spainçair``. Prop. CATACH-GOLF. Orth. Lexicogr. 1971, p. 304: -eur. Étymol. et Hist. 1. 1797 (Le Déjeuner, n° 4, 15 nivôse an 5, p. 15 ds QUEM. DDL t. 28: Le Spencer est pour les femmes un corset de drap, avec des manches, qui se met par-dessus la robe); 2. a) 1804 « pardessus court d'homme, croisé et sans basques » (J. DELILLE, Œuvres, Epître à deux enfants voyageurs, p. 882, ibid., t. 12, s.v. raout); b) 1904 spéc. domaine milit. « sorte de dolman très ajusté » (Nouv. Lar. ill.). Empr. à l'angl. spencer att. dep. 1795 comme terme désignant un vêtement d'homme puis, dep. 1799, un vêtement de femme (v. NED Suppl.2) et qui aurait pour orig. le n. de Sir George John Spencer (1758-1834, v. NED, s.v. spencer sb2). Fréq. abs. littér.:28. Bbg. BONN. 1920, p. 139. — QUEM. DDL t. 20, 28.

spencer [spɛnsɛʀ] n. m.
ÉTYM. 1797; du nom de lord Spencer (1782-1845); → Lord, cit. Balzac.
1 Veste sans basques, remplaçant l'habit (4.) ou se portant par-dessus (→ Muscadin, cit. 2).(1904). Milit. Sorte de dolman ajusté.
1 Ce vieillard, sec et maigre, portait un spencer couleur noisette, sur un habit verdâtre à boutons de métal blanc (…)
Balzac, le Cousin Pons, Pl., t. VI, p. 526.
2 (1845). Courte veste de femme; corsage (2.; → Lacer, cit. 3; nacarat, cit. 1). || Le canezou (cit. 2, Hugo), cette espèce de spencer en mousseline.
2 Elle portait une sorte de spencer de velours vert, garni d'une épaisse bordure en duvet de cygne, dont la blancheur et la masse donnaient de l'élégance à son cou entouré de fins lacets, où pendaient des aigrettes d'argent.
Nerval, Voyage en Orient, Nuits du Ramazan, I, VII.

Encyclopédie Universelle. 2012.